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#5 Clichés astrologiques – Le Scorpion et notre part d’Enfer (Partie 2) : Maison VIII, Perséphone, mort et résurrection

En écrivant l’article sur le signe du Scorpion et Pluton, je me suis bien rendue compte de la complexité de ce que j’allais amener. Et ce qui est complexe prend du temps a être narré et surtout a être compris.

Mon souhait pour cette seconde partie d’article est de continuer dans la même thématique, mais sous des lumières différentes et en des lieux distincts.

J’avais évoqué ici l’archétype du Scorpion, la crainte prenant racine dans la peur viscérale de mourir, ainsi que Pluton la planète de la transformation et des profondeurs.

Dans l’astrologie à la manière d’autres domaines ésotériques on vous parlera d’analogies. Pour parler d’un archétype, d’une énergie, le praticien tournera son regard vers le signe, la planète qui le gouverne et la maison à laquelle il est uni. Le tout par analogie, ce qui veut dire que les trois tissent des liens les uns avec les autres et ont des similitudes, des correspondances.
Ils sont liés, et c’est à l’astrologue d’en tirer le fil -pas si- invisible.

Les énergies qu’on a pu voir ensemble sont difficiles d’accès car elles représentent des tabous. Nous parlons ici du sexe, de la mort, de l’argent et de l’occulte.
Bien qu’on ne puisse être sûrs de rien, vous aurez de la difficulté à en parler ou à vous greffer spontanément à une conversation sur ces sujets. Sauf si vous avez grandi dans la famille Adams. Mais je doute …
Exemples : à la machine à café « Hey Gérard, tu as vu les images du corps de Sadam Hussein qui se fait pendre ? », en visio sur Zoom « Véronique , est-ce que toi aussi tu es frigide depuis la ménopause, Camille m’a dit d’essayer le BDSM, qu’est-ce que tu en penses ? », à la crèche « Le petit Gaspard a mal dormi, il faut dire que le fantôme de son grand-père le fait un peu chier la nuit, surtout quand il essaye de l’étrangler ».

Un lieu dans votre thème parlera de tout cela. La maison VIII.

La maison VIII, Crises, transformation mort sexualité tabous argent (tout ce qu’on aime)

On y trouvera vos héritages, votre lien intime tissé avec les forces de l’inconscient, de la sexualité, de l’énergie, des tabous, des cachettes sombres pleines de fantômes mais surtout des crises. La crise oblige à se transformer et ne laisse guère le choix : vous acceptez le changement ou vous mourrez.
C’est dans cet espace qu’il faudra apprendre la confiance, ce qu’on peut garder et lâcher dans la vie ou une relation, ce qu’on peut ou doit abandonner pour finalement comprendre la notion d’intime. Toutes les planètes de ce secteur sont également soumises à cette notion d’intimité. Est-elle accessible facilement ou péniblement ? Qu’est-ce qui en empêche l’accès ? Est-on au clair avec ce qui empêche de la vivre (traumas, refoulement, morbidité) ?
Mais il n’y a pas que cela à prendre en compte, la huitième maison vous montrera que toutes les planètes en son sein doivent elles aussi être décapées par la mort et purifiées. Si elles ne le sont pas, ce sont des parts de vous mêmes vouées à la destruction.
Si vous l’évitez, les expériences en lien avec les sujets évoqués plus haut viendront vous chercher.
Il y a bien plus simple comme énergie, mais si vous lisez ces lignes, ce n’est pas ce qui a été prévu au programme pour vous.

En tout cas, ce n’est pas ce qui a été prévu lors de ma naissance, et c’est pourquoi je vous en parle si bien. Pour tout vous dire, ma maison VIII n’est pas « chargée », c’est à dire très occupée par plusieurs planètes.
En revanche ma planète, celle de mon signe et de mon ascendant, Vénus, s’y trouve. Cela veut donc dire que l’image que je renvoie (ascendant) et qui je suis au fond de moi (soleil) se noient dans un secteur lié aux crises de tout ordre.
Ambiance. Lourde ambiance.
Et pour couronner le tout, ma maison I, lieu du début de vie et de la personnalité, est occupée par Pluton dans son signe le Scorpion. Cette énergie là, je saurais la reconnaître a des km et jamais celle-ci ne cessera de me fasciner / révulser ; de toute façon, elle colore ma personnalité que je le veuille ou non. C’est souvent plus non qu’autre chose.

Pour vous donner un exemple, j’ai réalisé dans le cadre d’une séance chez ma psychologue (qui a d’ailleurs l’adresse de ce blog et qui lira peut-être ces lignes) une représentation physique de moi-même et le seul dessin que j’ai pu réaliser ressemblait à un traçage au sol qu’on voit dans les scènes de crime et qui entoure un cadavre. Voilà, grosse ambiance toujours.

Pour en revenir à cette Vénus un peu problématique chez moi (et le but n’est pas de parler de ma vie privée mais d’introduire la partie suivante), Vénus c’est Aphrodite, la planète de l’amour, de la beauté, des affects, de l’harmonie, planète de vie, fécondante (chez le Taureau) et équilibrante (chez la Balance), de ce qui est agréable.
Quand elle « chute » dans cette maison d’enfer (car le Taureau son signe est directement opposé au Scorpion relié à la maison VIII) rien ne va plus.
C’est toute la question de l’amour est des relations aux autres qui se pose. Eros qui rencontre Thanatos c’est complicado, et ça tout le monde le sait !
Vénus en sa capacité fécondante est donc littéralement jetée dans un endroit hostile, un lieu de mort et de crise où l’accès aux parts d’amour et d’intimité reste difficile d’accès.

C’est peu ou prou l’histoire de Perséphone au final.

La grenade, l’attribut de la déesse Perséphone



Perséphone c’est la reine des Enfers, la femme d’Hadès (Pluton).
Aborder l’archétype plutonien / scorpion / maison VIII sans l’évoquer reviendrait à décapiter une partie de son sens car Perséphone est la partie fécondante et créatrice de l’énergie plutonienne : car en effet si l’on meurt, il faut avoir les capacités de renaître .

Perséphone c’est Korè, la fille de Demeter (Cérès) qui est elle-même la soeur de Zeus (Jupiter) et d’Hadès (Pluton). Il se trouve que Zeus est également son père car on est dans la mythologie grecque ce repaire de gros violeurs et d’incesteurs pépouze.
Korè vit tranquille avec Maman Demeter la déesse de la fertilité des sols, celle sans qui les humains mourraient tous de faim. Un jour Hadès (qui est son oncle rappelez-vous) la voit, en tombe amoureux et bien sûr l’enlève comme dans 80% des histoires mythologiques.
Elle devient donc reine de l’Inframonde, terre hostile et froide, dans laquelle rien ne peut pousser ou être fécondé, avec un mari austère. Le gars c’est Hadès, c’est pas José Garcia vous voyez.
Le mariage sera stérile car rien ne pousse au royaume des morts … jusqu’à ce que …
Oui car n’oublions pas que Demeter a vu sa fille disparaître d’un coup sans laisser d’adresse ce qui la laisse folle d’inquiétude, de fait elle néglige donc ses devoirs se lançant à la recherche de sa fille. La terre n’est plus fertilisée et les humains meurent de faim. C’est alors que Zeus qui jusque là n’avait pas dit grand chose intervient et demande à Hadès de rendre Perséphone à sa mère.
Le roi des Enfers qui n’a pas vraiment envie de se séparer de sa femme accepte le deal mais donne à manger à celle-ci des graines de grenade. Et quiconque a déjà mangé la nourriture du royaume des morts ne peut en revenir.
Et puis d’ailleurs, de base, personne ne revient de là-bas indemne, demandez à Orphée, ça a quelque part mal fini pour lui.
Désormais Perséphone appartient au domaine des vivants (Taureau) ainsi qu’au royaume des morts (Scorpion), elle n’est à sa place dans aucun des deux, et pourtant elle doit vivre dans l’un et dans l’autre. L’accord trouvé consistera à la laisser en compagnie de sa mère au printemps et à l’été où la terre sera féconde, ainsi que l’automne et l’hiver avec son mari dans l’Inframonde.

L’accès aux Enfers (et à une sexualité un peu traumatique il faut bien l’avouer) a doté Perséphone du don de médiumnité et de la capacité à donner la vie. Nous l’avons déjà vu, tout ce qui doit naître un jour provient d’une mort car l’un laisse toujours la place à l’autre. En astrologie le Taureau, représentant de cette poussée de vie et de cette terre fertile, ne peut exister sans son signe opposé et complémentaire : le Scorpion. Ils sont de fait complémentaires et pour équilibrer les deux énergies il faut donner du concret et de la stabilité au Scorpion, et apprendre au Taureau qu’on peut se déposséder des biens matériels.

C’est la déesse elle-même qui nous offre la possibilité d’alchimiser et de transformer l’ombre en lumière et le néant en création. Hadès seul ne pourrait jamais le réaliser.
C’est parce qu’elle a eu accès aux secrets de la mort qu’elle est capable de donner vie à la terre, c’est son chemin initiatique dans les méandres du monde souterrain qui lui confère ses pouvoirs.

Pour aller plus loin, car l’astrologie est un art symbolique, de nombreuses fictions ont repris cet archétype Hadès / Perséphone, pour expliquer que l’accès à la féminité et à tour ce qu’elle a de créateur, il faut traverser ses Enfers intérieurs et parfois passer par de grandes souffrances (incluant sexualité, tabous, occulte, mort … la maison VIII en somme). La mort est le début de l’étincelle de vie ne l’oublions pas, et pour cela il faut avoir compris son sens et parfois l’avoir vue…

Vous reconnaîtrez facilement un plutonien à ce qu’il a de vouloir désespérément et farouchement savoir (peu importe le prix) à quoi cela ressemble, qu’est-ce que cela fait d’être au Seuil de la Porte. De chercher l’expérience la plus extrême pour en connaître les secrets. Car c’est bien la confrontation à la vérité ultime qui donne du sens à la vie.

Ce n’est guère un hasard si au niveau juridique, le terme grâce qui consiste entre autre à sauver la vie ne pourrait exister si il n’y avait en face de peine de mort. La grâce c’est l’expérience du salut ; sans antagoniste elle n’a que très peu d’intérêt.

Travaux pratiques chez ma psy




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